Airbnb dans l’oeil du cyclone

Airbnb dans l’oeil du cyclone

L’Assemblée nationale vote une taxe La Ville de Paris prête à aller devant les tribunaux

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C’était en 2007. Pour un début tout en douceur… Deux Américains, Brian Chesky et Joe Gebbia, créaient le “AirBed & Breakfast” (en français “matelas pneumatique et petit déjeuner”), une idée assez originale qui proposait la location de parties d’un appartement, avec le petit déjeuner, pour des personnes n’ayant pas les moyens de prendre un hôtel ou qui n’en trouvaient plus de libres. Une dizaine d’années plus tard, Airbnb est devenu un véritable mastodonte sur le marché des loisirs. La plateforme communautaire contenait en 2015 plus de 1,5 millions d’annonces dans 192 pays à travers le monde. Et si l’idée apparaissait sympathique au début, elle n’amuse plus du tout les professionnels du tourisme. En France notamment où Airbnb se retrouve dans l’oeil du cyclone face à des mesures gouvernementales ou contre la Ville de Paris qui veut l’attaquer en justice.

Concernant l’Assemblée nationale, la chambre des députés a autorisé, ce vendredi 8 décembre, les communes à augmenter la taxe de séjour sur les hébergements dits “non classés”, du type Airbnb, à compter du 1er janvier 2019. Cette mesure a obtenu un consensus parmi les députés, permettant aux collectivités de fixer le tarif de cette taxe entre 1% et 5% du coût hors taxe de la nuitée par personne. Une exception a été faite pour les campings et un plafond a également été mis en place, comme celui applicable aux hôtels 4 étoiles (2,50 euros à Paris).

 De fait, pour une location par exemple de 100 euros la nuit, la taxe sera entre 50 centimes et 2,5 euros selon les communes. Cela peut apparaître moindre au coup par coup mais vu les sommes astronomiques qui s’échangent sur le site, les communes veulent récupérer une part du gâteau. L'Umih (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), principale organisation patronale du secteur, a d’ailleurs salué dans un communiqué cette mesure. Laquelle les place effectivement un peu plus sur un pied d’égalité.
Airbnb devra s’adapter à cette contre-attaque mais aussi répondre à celle de la Ville de Paris. Selon France Info, elle a ainsi envoyé des courriers, ce lundi 11 décembre, à Airbnb mais aussi à quatre de ses concurrents (sejourning, Windu, Abritel et ParisAttitude) pour les mettre en demeure de respecter la loi ou de se retrouver devant les tribunaux. Pourquoi ce coup de pression ? En juillet 2017, le Conseil de Paris avait voté l’instauration d’un numéro d’enregistrement obligatoire pour les hôtes qui désirent louer leurs logements et ainsi pouvoir vérifier qu’ils respectent la durée limite légale de location de 120 jours par an. Or, à ce jour, seulement 11000 numéros auraient été délivrés sur une offre qui dépasserait les 50000. Comme à Barcelone, New York ou Berlin, le bras de fer semble engagé entre la Ville de Paris et Airbnb.

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