Quésaco #11

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La nomophobie, ou la peur irraisonnée d’être séparé de son smartphone

– Article rédigé le par - 433

Nous sommes envahis au quotidien par un vocabulaire qui bien souvent nous dépasse. Les conférences téléphoniques se sont transformées en “conf call” durant lesquelles on nous demande des réponses “Asap” (As soon as possible - dès que possible...). Chaque semaine, nous vous proposons un petit décryptage de l’un de ces termes. Aujourd’hui, la nomophobie.

Vous n’en pouvez plus d’être attiré comme un aimant pas votre portable. Vous aimez plus que tout votre “précieux” mais il vous rend aussi accro. Vous n’arrivez même plus à vous en séparer la nuit, ni chaque 6 février, qui est pourtant la journée mondiale sans smartphone… Alors sans doute êtes-vous touché par la nomophobie. La nomo quoi ? Oui la  nomophobie, cette “maladie” que l’on pourrait définir simplement pas une peur irraisonnée, une phobie liée à la peur excessive d’être séparé de son portable. Des scientifiques ont aussi défini cette idée de peur par la coupure par l’acronyme FOMO (“Fear of missing out” ou “la peur de manquer”).

Le terme aurait en fait été inventé au cours d'une étude menée en février 2008 par la UK Post Office qui avait demandé à YouGov, une organisation de recherche du Royaume-Uni, d’observer les angoisses subies par les utilisateurs de téléphones portables. Retenant la contraction de l'expression anglaise “nomobile-phone phobia”, le terme de nomophobie est ensuite apparu chez nous.

L'écrivain français Phil Marso, principalement auteur de romans policiers, et à l'origine de la Journée mondiale sans téléphone (chaque 6 février depuis 2001), préfère utiliser le terme “Adikphonia” afin de remplacer le terme, plus ambigu selon lui de nomophobie qui, il est vrai, est un peu exagéré, la plupart des “nomophobes” connaissant plutôt une anxiété à être séparé de leur smartphone plutôt qu’une peur arraisonnée.

Quelle que soit sa définition, cette dépendance du téléphone touche principalement les jeunes et les femmes. Partie intégrante de notre vie quotidienne, le smartphone ne nous quitte plus. Selon une enquête Ifop, 42 % des Français avouent leur dépendance à leur téléphone, principalement les jeunes (78% des moins de 25 ans tout de même contre seulement 22% des plus de 65 ans) et les femmes (48 % contre 34% chez les hommes. Une dépendance qui tourne à la nomophobie si tous ces accros venaient à égarer leur téléphone. Si 47% assurent qu’ils seraient seulement “ennuyés” par cet cet incident, 19% affirment qu’ils seraient énervés et 9% complètement paniqués.

Si vous faites partie de cette dernière catégorie, vous pourrez toujours vous offrir le smartphone imaginé par le designer autrichien Klemens Schillinger. Baptisé “Substitute Phone”, il s’agit en fait un “faux” téléphone constitué d’un corps en plastique noir dans lequel sont logés des billes. L’utilisateur peut ainsi sans danger répéter tous les gestes répétitifs de son accoutumance au téléphone comme zoomer, balayer son écran, le dévérouiller etc etc… Ce smartphone n’est pas encore en vente mais nul doute qu’avec le nombre de nomophobes croissants, il pourra trouver son marché.

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