Trump met fin à la neutralité du web aux Etats-Unis

Trump met fin à la neutralité du web aux Etats-Unis

La loi votée sous Obama n’aura tenu que deux ans

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Deux ans seulement après le vote sur la neutralité du web, en février 2015, le gendarme américain des télécommunications (FFC) a abrogé cette règle, ce jeudi 14 décembre 2017. Exit la volonté d’Obama de garantir à internet une mission d’utilité publique pour tous les usagers américains. Trump et le parti républicain ont de nouveau fait pencher la balance par trois voix contre deux côté démocrates pour abroger cette règle selon laquelle les milliards de données passant dans les tuyaux du web soient traitées sur un pied d’égalité. Ce principe exclut notamment toute différence par rapport à la source, à la destination ou encore au contenu de l’information transmise sur le réseau.

En clair, que vous regardiez un film en VOD ou la dernière vidéo de vos vacances; que vous écriviez sur votre blog ou consultez vos mails du boulot; que vous alliez sur Facebook et Twitter ou que vous jouiez à un Candy Crush, la connexion reste exactement la même et il n’y aura aucune priorité selon la source. Or, désormais, avec la fin de cette neutralité du web, les FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) pourront décider ou proposer des flux (et des prix) différents selon le débit de la bande passante ou selon les sources utilisées. Ils pourront notamment faire payer plus cher certains services pour un débit plus rapide et “consommateur” de données, voire en bloquer d’autres qui leur font de la concurrence, par exemple dans la téléphonie par internet (la VoIP), les moteurs de recherche ou encore la vidéo à la demande. Ce qui fait forcément craindre aux défenseurs de cette neutralité du web un réseau à deux vitesses. Pour les particuliers à qui l’on pourrait proposer un tarif à la carte selon leur utilisation du web, mais aussi pour de grands groupes comme Netflix ou YouTube par exemple qui ont besoin de beaucoup de volume de données et pourraient voir certains FAI augmenter leurs tarifs.

Pour justifier la fin de cette neutralité, le nouveau boss de la FFC nommé par Donald Trump, l’avocat Ajit Pai, a soutenu qu’il s’agissait de “sauver l’innovation”. Selon lui et ses partisans, ce principe d’égalité face au web était en train de freiner les investissements dans des domaines aussi variés que la télémédecine ou les voitures connectées qui ont besoin de très haut-débit. Or, en permettant aux FAI de faire marcher la concurrence, ils devraient augmenter leurs investissements de façon conséquente dans les réseaux… D’ailleurs, les trois principaux fournisseurs d’accès aux Etats-Unis, Verizon, Comcast et AT&T ont unanimement soutenu la décision de la FFC.

Mais cette fin de la neutralité du web aux Etats-Unis touchera-t-elle aussi la France ? A priori non puisque ce principe est protégé, depuis octobre 2016, par le droit européen. Et l’Arcep (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) veille à son respect. Il n’empêche, quand on connaît le poids des Etats-Unis sur le marché mondial, les défenseurs de cette neutralité ont quelques raisons de s’inquiéter. Quelques patrons de grands groupes se sont d’ailleurs ouvertement positionné pour l’abandon de cette neutralité du web dans l’Hexagone. A l’image de Stéphane Richard. Interrogé sur BFM Business, le patron d’Orange considère que la fin de la neutralité du web en France est même “une obligation” pour accompagner l’arrivée de la 5G d’ici 2020-2021.

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