Addiction aux jeux vidéo - Partie 2

Addiction aux jeux vidéo - Partie 2

Devient-on dépendant ? Violent ?

– Article rédigé le par - 234

Annoncé le 5 janvier de cette nouvelle année par l’OMS, l’addiction ou “trouble du jeu vidéo” (gaming disorder) sera bientôt considérée comme une maladie ajoutée à la 11ème liste de la classification internationale des maladies (CIM), publiée en juin 2018 par l’OMS. Sur la base du document réalisé par l’Ifac (Institut fédératif des addictions comportementales), nous avons déjà décrit les évolutions et l’importance du jeu vidéo dans notre société.

 Et notamment vu que le gamer type avait lui aussi bien changé. Jeunes, “vieux”, hommes ou femmes… tout le monde ou presque jouent aux jeux vidéo. Partout (sur son ordinateur, tablette, smartphone) et de plus en plus souvent. Mais dans quelle mesure ces jeux peuvent-ils rendre dépendant.

A la base, le jeu vidéo, s’il est bien utilisé, peut stimuler certaines facultés comme la capacité à résoudre des problèmes, la coordination ou la rapidité d’exécution. De nombreux titres ludo-éducatifs, comme Adibou ou l’entraîneur cérébral, initient même les plus jeunes aux nouvelles technologies et encourage les ados dans le travail d’équipe et la coopération lors des parties multijoueurs. Si ce jeu vidéo est donc avant tout un plaisir, une source d’amusement et de divertissement pour la plupart des gamers, les chercheurs de l’Ifac ont néanmoins constaté, chez une faible proportion de joueurs, la perte de contrôle du temps passé à jouer.

Chez certains, cette pratique conduit souvent à des difficultés scolaires qui peuvent aller jusqu'à l'arrêt total de l'école, ainsi qu'à un repli au domicile avec abandon des autres loisirs et diminution des relations sociales dans la vie réelle. L'une des motivations de ces joueurs excessifs pourrait être la volonté de s'échapper de la réalité, source d'obstacles et de difficultés pour eux, pour se réfugier dans le monde virtuel qui est plus rassurant. A ce titre, les MMORPG semblent plus problématiques et peuvent parfois conduire à des abus, voire à des dépendances.

L’Ifac avance plusieurs pistes explicatives à ce phénomène. Un univers persistant notamment. Ces jeux n’ayant souvent pas de réelle fin, leur exploration est quasi infinie. Contrairement à la vie réelle qu’il est impossible de contrôler, le jeu peut aussi apparaître plus rassurant car le temps compte quasiment autant, voire plus, que le talent. Deux autres explications sont avancées pour expliquer cette dépendance : l’immersion (le joueur a un sentiment d’existence plus fort dans le monde virtuel qu’il investit grâce au réalisme du jeu ou à l’anonymat qui facilite la désinhibition) et la communauté (le joueur a le sentiment d’appartenir à un groupe qui lui offre une forme de reconnaissance qu’il n’a pas forcément dans la vie réelle et qui va le pousser à s’impliquer d’autant plus dans le jeu).

Concernant le caractère potentiellement violent de ces jeux vidéo, les recherches sur le sujet sont assez contradictoires et ne démontrent pas de liens directs entre la violence à l'écran et les comportements violents. Deux points de vue s'opposent : pour les uns, l'écran permet à la personne de libérer son agressivité dans le jeu et non dans le réel; pour les autres, la violence à l'écran induirait au contraire des passages à l'acte dans la réalité. Dans tous les cas, les jeux vidéo ne peuvent expliquer à eux seuls les comportements violents. Le passage à l'acte violent s'explique avant tout par l'histoire de la personne et son environnement à la fois familial, éducatif et social.

Enfin, question que se posent de très nombreux parents, comment savoir si son enfant joue trop. Selon le document de l‘Ifac, il faut être pour cela attentif à quelques signes qui peuvent vous alerter. Si l’enfant commence à jouer dans la nuit et perd la notion du temps, s’il se replie au domicile et abandonne ses autres loisirs, si ses résultats scolaires connaissent une forte baisse, s’il a des troubles de l'humeur, voire parfois agressif quand il ne peut pas jouer, si ses relations sociales dans la vie réelle diminuent et enfin s’il se détourne de sa famille et est au centre de conflits familiaux.

Avec ces signes fournis par l’Ifac, on se permettra d’ajouter qu’il semble conseillé de retarder les premières utilisations des jeux vidéo, tout comme l’utilisation des smartphones. Et privilégier le dialogue et le partage au sein de la famille. Bill Gates lui-même le recommande. Dans une interview au journal britannique The Mirror en fin d’année dernière, le fondateur de Microsoft a ainsi raconté interdire l’usage des téléphones et tablettes à table. Et affirmé qu’il n’avait pas donné de smartphone à ses enfants avant 14 ans !

Catégories :
HIGH-TECH OBJETS CONNECTéS