Les souffrances liées à l’électrosensibilité reconnues

Les souffrances liées à l’électrosensibilité reconnues

– Article rédigé le par - 180

C’est un débat récurrent. Les ondes qui nous entourent finiront-elles par tous nous tuer. Ou ces dernières ne sont finalement pas si dangereuses que ça. Bien moins en tout cas qu’un verre de trop, une cigarette ou la pollution qui gagne nos villes… Et que faire de nos micro-ondes alors ?

Les pour et les contre s’opposent. Et les précautions sont de rigueur. A l’image d’Orange qui a récemment “rappelé” un téléphone qui émettait trop d’ondes, 2,1 W/kg au lieu des 2 W/gk recommandés par l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Et encore, pour déclencher cette émission, il fallait envoyer un MMS avec le mobile fermé et plaqué contre le corps. Improbable. Mais le sacro-saint principe de précaution domine. D’autant plus que les personnes dites “électrosensibles” sont de plus en plus nombreuses.

Entre 600 000 et 3 millions de personnes concernées ?

Ces dernières seraient victimes d’intolérance aux champs électromagnétiques et se plaindraient de plusieurs maux comme des acouphènes (un son perçu comme un bourdonnement ou un sifflement ressenti dans le crâne), des maux de tête, des nausées, voire un état dépressif. En France, pas moins de 1 à 5% de la population seraient concernées par ces symptômes, soit de 600 000 à plus de 3 millions de personnes tout de même !

Si aujourd’hui, aucun chercheur n’a trouvé de liens directs entre ondes et maladie, les scientifiques n’ont pas non plus écarté l’hypothèse qu’elles auraient un impact sur la santé. Et dans le doute, pas de risque. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs classé les champs électromagnétiques dans la catégorie 2B, qui recense “248 agents, groupes d’agents et mélanges peut-être cancérogènes pour l’homme”.

L’Anses reconnaît une souffrance qu’il faut prendre en charge

Un rapport de l'agence sanitaire Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) va également dans ce sens, à la grande satisfaction des associations qui dénoncent l’accumulation des ondes dans notre quotidien. Ainsi, même s'il n'existe pas aujourd'hui de "preuve" de lien entre ce syndrome controversé et l'exposition aux ondes électromagnétiques, les sujets électrosensibles souffrent et doivent donc être pris en charge, selon l’Anses.

Maux de tête, troubles du sommeil, irritabilité : l'Anses répertorie des dizaines de symptômes que les personnes électrosensibles attribuent à leur exposition aux radiofréquences des téléphones portables, antennes relais et autre wifi.

"C'est une avancée. On ne parle plus d'un effet nocebo exclusif", a estimé le président de l'association Robin des Toits, Pierre-Marie Theveniaud. L'effet nocebo, à l'inverse du placebo, est causé par la suggestion ou la crainte que l'exposition à un médicament ou à des facteurs environnementaux est nuisible.

Avec cette préconisation de l’Anses, les patients pourront avoir un peu plus d’écoute avec leur médecin traitant, les électrosensibles n’étant pas toujours pris au sérieux. Reste pour eux à passer un cap supplémentaire en prouvant réellement la causalité entre leur maladie et ces ondes. Une autre bataille.

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