Macron annonce 1,5 milliards d’euros pour développer l’Intelligence artificielle

Macron annonce 1,5 milliards d’euros pour développer l’Intelligence artificielle

– Article rédigé le par - 315

Le 8 septembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe a confié à Cédric Villani, mathématicien et député LRM de l’Essonne, une mission sur l’intelligence artificielle. Objectif : poser les bases d’une stratégie nationale ambitieuse pour la France en matière d’IA. Il faut dire que l’enjeu est important. Ainsi, alors que l’estimation du chiffre d’affaires généré par l’intelligence artificielle dans le monde est de 4 milliards de dollars pour cette année, selon les spécialistes des données Tractica, ce chiffre devrait grimper jusqu’à 60 milliards de dollars d’ici 2025.

Bref, il est temps de s’y mettre et de ne pas laisser passer le train de l’innovation en marche. Qui de mieux donc que Cédric Villani pour conduire cette recherche. Mathématicien français, ancien élève de l’ENS et docteur en mathématiques, titulaire 2010 de la Médaille Fields et lauréat 2014 du prix Doob, le jeune député a donc planché 7 mois durant pour remettre son rapport au président Emmanuel Macron. Lequel en a présenté les grandes lignes et le projet du gouvernement, ce jeudi 29 mars au collège de France.

L’intelligence artificielle au carrefour de toutes les disciplines


En préambule de son rapport, Cédric Villani pose d’emblée le sujet : “Définir l'intelligence artificielle (IA) n'est pas chose facile, explique-t-il. Le champ est si vaste qu'il est impossible de la restreindre à un domaine de recherche spécifique; c'est plutôt un programme multidisciplinaire. Si son ambition initiale était d'imiter les processus cognitifs de l'être humain, ses objectifs actuels visent plutôt à mettre au point des automates qui résolvent certains problèmes bien mieux que les humains, par tous les moyens disponibles.

Ainsi l'IA vient au carrefour de plusieurs disciplines : informatique, mathématique (logique, optimisation, analyse, probabilités, algèbre linéaire), sciences cognitives... sans oublier les connaissances spécialisées des domaines auxquelles on souhaite l'appliquer…”
Soulignant “l’essor récent et foudroyant de l'intelligence artificielle” qui s'explique par les avancées importantes en matière d'apprentissage automatique (ou machine learning ), Cédric Villani s’est notamment appuyé sur pas moins de 400 auditions d'experts de l’intelligence artificielle et une étude comparative avec des politiques mises en place dans 15 pays.

Au final, un rapport plus que fouillé décliné en 7 points : 1) Pour une politique offensive de la donnée; 2) Miser sur quatre secteurs stratégiques; 3) Libérer les potentiels de la recherche française; 4) Anticiper l’impact de l’IA sur le travail et expérimenter; 5) Pour une IA écologique; 6) Ouvrir les boîtes noires de l’IA; 7) Pour une intelligence artificielle inclusive et diverse. Sans entrer dans le détail (le rapport complet est visible ici ), le discours d’Emmanuel Macron s’est bien sûr largement inspiré du rapport Villani.

Doubler le nombre d’étudiant en IA


Mais le président de la République, tout en étant plus concis, a surtout dévoilé un cadre budgétaire à ce développement de l’IA en France qui bénéficiera de 1,5 milliard d'euros de crédits publics d’ici la fin de son quinquennat. On est encore loin des 22 milliards d’investissement annoncé l’an passé par l’Etat chinois mais il s’agit d’un bon début pour contrer ce géant tout comme les Etats-Unis, eux aussi largement en avance sur ce sujet.

Pour y parvenir, l’Europe aura un rôle déterminant pour mutualiser les tâches. Côté Français "nous avons des atouts pour réussir dans l'intelligence artificielle" car "nous avons des talents" grâce à "l'excellence de la formation en mathématiques et informatique", a souligné Emmanuel Macron qui a notamment annoncé la mise en place d'un réseau d'instituts dédiés à Paris, Toulouse, Grenoble et la création d'un programme pour attirer les meilleurs chercheurs mondiaux ou encore doubler le nombre d'étudiants en IA.

La santé et la conduite autonome parmi les axes prioritaires


Concernant les axes prioritaires du développement de cette IA, Emmanuel Macron a notamment mis en avant les secteurs de la santé, de l’environnement et de la défense. Quatrième et dernier axe prioritaire, les transports et la mobilité. A cet effet, le président Macron a annoncé lors de son discours que le pays allait promouvoir d’ici 2019 un cadre législatif qui permettra d'expérimenter sur les routes les véhicules autonomes de niveau 4 (autonomie quasi-totale).

Renault et PSA travaillent d’ailleurs déjà sur ce dossier d’avenir. Mais ce dernier point est aussi symptomatique de la difficulté d’intégrer et de faire accepter cette IA dans le grand public. Alors qu’Uber a connu son premier accident mortel avec ces véhicules autonomes, un large partie du public a une confiance toute relative en cette IA.

Beaucoup craignent en effet des atteintes à leur vie privée sans oublier une destruction massive d'emplois que des machines pourraient occuper. Un long travail d’explications s’avère ainsi nécessaire pour ne pas rater le virage de l’IA.

Catégories :
AI (INTELLIGENCE ARTIFICIELLE) FINANCE FRANCE