Qui sont les bosseurs du “clic”

Qui sont les bosseurs du “clic”

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Le nouvel ère du numérique a engendré des fortunes colossales, des géants du web mais aussi de nombreuses petites mains qui travaillent parfois dans l’ombre pour des plateformes numériques diverses. 

En France, ils seraient ainsi quelque 260 000 travailleurs du clic souvent recrutés pour des micro-tâches telles que la modération de contenus ou la réponse à des sondages en ligne.

Ces chiffres ont été dévoilés par des chercheurs de Télécom ParisTech, du CNRS, de MSH Paris Saclay et de l'université de Nantes qui ont pour la première fois tenté, dans le projet DiPlab, d’analyser qui étaient ces bosseurs du clic.

5000 emplois à temps plein


En menant cette enquête auprès de 1 000 micro-travailleurs de la plateforme française Foule Factory, ainsi qu'une enquête qualitative auprès de 92 travailleurs, clients et propriétaires de plateformes, les chercheurs notent dans leur rapport intitulé “Le Micro-travail en France” que si ce chiffre de 260 000 est élevé, seulement 5 000 d’entre eux seraient en réalité employés à temps plein. 

Pour les autres, il s’agit plutôt de travaux payés à la tâche pour des missions assez répétitives comme transcrire des factures, modérer du contenu sur les réseaux sociaux ou encore répondre à des sondages en ligne.

En particulier, le micro-travail tient un rôle prépondérant dans le développement de l’intelligence artificielle (IA). En réalisant des tâches répétitives, les micro-travailleurs annotent, préparent, enrichissent les bases de données qui sont nécessaires pour la production d’algorithmes, d’enceintes connectées, d’assistants virtuels.

Une majorité de femmes

Ce travail est la plupart du temps effectué à domicile, en majorité par des femmes (56,1%), des jeunes (63% ont entre 25 et 44 ans) et le plus souvent utilisé comme un complément de revenu.

D’ailleurs, même si les écarts de salaire sont très importants selon les travaux effectués, l’étude souligne que la moyenne du revenu mensuel se situe à environ 21 euros par mois. Pas de quoi s’offrir des vacances de rêve. 

Et même si ces micro-tâches nécessitent souvent une faible qualification, l'étude pose d’ailleurs clairement la question de la régulation et de la protection sociale parfois inexistante de cette nouvelle forme de travail.

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